

Le parc de copropriétés français est structurellement vieillissant. Les données issues du registre national des copropriétés montrent qu’une majorité des immeubles a été construite avant les années 1970, période marquée par des normes techniques, énergétiques et constructives aujourd’hui dépassées.
Plus précisément, près de 23 % des copropriétés ont été édifiées avant 1949, et 32 % supplémentaires entre 1949 et 1974. Ces immeubles concentrent l’essentiel des problématiques actuelles : réseaux en fin de vie, équipements collectifs obsolètes, façades dégradées, performances énergétiques faibles et non-conformités réglementaires croissantes.
Ce constat implique un changement de posture dans la gestion des immeubles anciens. La rénovation ne peut plus être abordée comme une suite de réparations ponctuelles, mais comme une stratégie globale, planifiée et hiérarchisée dans le temps. À défaut, la copropriété s’expose à une dégradation accélérée de son patrimoine, à une explosion des charges et à des blocages décisionnels en assemblée générale.
Le rôle du syndic devient alors central. Il ne s’agit plus seulement d’exécuter des décisions, mais d’anticiper les besoins techniques, de structurer une vision pluriannuelle des travaux et d’accompagner les copropriétaires dans la compréhension des enjeux financiers et patrimoniaux. L’adhésion collective repose sur une pédagogie constante, fondée sur des diagnostics objectifs et une information claire.
Un immeuble ancien bien géré conserve sa valeur et sa liquidité sur le marché. À l’inverse, l’inaction transforme progressivement la copropriété en passif lourd, difficile à financer et à transmettre.

