Diagnostic structurel obligatoire en copropriété : nouvelles obligations pour les syndics

Un nouveau diagnostic structurel devient obligatoire dans certaines zones. Délais, obligations et responsabilités accrues pour les syndics.

Un décret du 12 août 2025 introduit une nouvelle obligation majeure en copropriété : la réalisation d’un diagnostic structurel des immeubles situés dans certaines zones définies par les communes. Cette mesure s’inscrit dans une politique renforcée de prévention des risques liés au vieillissement du bâti et à la sécurité des occupants.

Concrètement, les communes peuvent désormais délimiter des périmètres dans lesquels tous les immeubles collectifs sont soumis à cette obligation. La décision municipale est notifiée au syndic et portée à la connaissance des copropriétaires. À compter de cette notification, un délai maximal de dix-huit mois est accordé pour faire réaliser le diagnostic.

Le diagnostic structurel doit impérativement être confié à un professionnel certifié, indépendant, et couvert par une assurance de responsabilité civile professionnelle d’un montant minimal d’un million d’euros. Le rapport produit ne se limite pas à un constat sommaire. Il analyse la solidité globale de l’immeuble, les désordres apparents, l’historique des travaux réalisés, ainsi que l’état des éléments porteurs. Il formule également des recommandations hiérarchisées, susceptibles d’orienter des travaux obligatoires à court ou moyen terme.

Pour le syndic, cette obligation modifie profondément la gestion anticipée des immeubles concernés. Le point de départ du délai n’est pas l’assemblée générale, mais bien la notification municipale, qui peut résulter d’un affichage, d’un courrier ou d’une publication locale. Toute inaction expose la copropriété à des sanctions administratives, voire à une intervention d’office de la commune, dont le coût est ensuite répercuté aux copropriétaires.

Le diagnostic structurel devient ainsi un nouvel élément structurant de la stratégie patrimoniale des copropriétés. Il doit être articulé avec le carnet d’entretien, les diagnostics existants et les outils financiers tels que le fonds travaux ou le plan pluriannuel de travaux. Anticiper cette obligation permet d’éviter l’urgence, de sécuriser les décisions d’assemblée générale et de limiter les risques contentieux.

Erreurs fréquentes

  • Ne pas identifier à temps une notification municipale déclenchant le délai légal.
  • Attendre l’assemblée générale suivante pour engager les démarches, au risque de dépasser les délais.
  • Choisir un prestataire non certifié ou insuffisamment assuré.
  • Traiter le diagnostic comme un document isolé, sans lien avec le carnet d’entretien ou le PPT.
  • Ne pas anticiper le financement et exposer la copropriété à des décisions imposées par la commune.

A retenir

  • Le diagnostic structurel peut être rendu obligatoire par décision municipale dans des zones définies.
  • Le délai maximal pour le réaliser est de dix-huit mois à compter de la notification officielle.
  • Le diagnostic doit être établi par un professionnel certifié et assuré à hauteur minimale d’un million d’euros.
  • Le rapport engage la copropriété sur une trajectoire de travaux potentiellement contraignante.
  • Le syndic est responsable de l’anticipation, de la coordination et de l’intégration financière du diagnostic.
CoproPratik a été conçu pour transformer des règles complexes en décisions claires et opérationnelles. Chaque fiche vise un objectif simple : vous permettre de comprendre rapidement, d’agir correctement et d’éviter les erreurs qui coûtent du temps, de l’argent ou des contentieux.

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