Réunion de tous les lots en un seul propriétaire : fin automatique de la copropriété

Lorsqu’un seul propriétaire rachète tous les lots, la copropriété disparaît : règles, rôle du syndic et liquidation du syndicat.

La réunion de l’ensemble des lots d’un immeuble entre les mains d’un seul propriétaire entraîne une conséquence juridique majeure : la disparition automatique de la copropriété. Ce mécanisme, désormais clairement consacré par la loi de 1965 dans sa version issue des réformes récentes, met fin de plein droit au syndicat des copropriétaires.

Dès lors que l’unicité de propriété est constatée, la copropriété est dissoute sans qu’aucune décision d’assemblée générale ne soit nécessaire. Le syndicat des copropriétaires ne subsiste plus que pour les besoins stricts de sa liquidation. Il ne peut plus prendre de décisions de gestion courante, mais uniquement régler les opérations liées à sa disparition.

Le syndic conserve alors un rôle central mais limité : il devient liquidateur du syndicat. Sa mission consiste à apurer les comptes, solder les dettes éventuelles, recouvrer les créances, clôturer les contrats en cours et représenter le syndicat pour les procédures judiciaires liées à cette phase de liquidation.

En cas de carence, d’absence ou de défaillance du syndic, le tribunal judiciaire peut désigner un mandataire ad hoc chargé d’assurer la liquidation et la représentation du syndicat dissous. Cette désignation vise à éviter toute situation de blocage ou d’insécurité juridique.

La jurisprudence avait déjà posé ce principe bien avant sa consécration législative, notamment en cas d’expropriation totale, de destruction de l’immeuble sans reconstruction ou de sortie volontaire du statut de la copropriété. La réunion de tous les lots constitue aujourd’hui l’hypothèse la plus claire et la plus fréquente de disparition du syndicat.

En pratique, un règlement de copropriété ou une décision d’assemblée générale peut utilement prévoir par anticipation les modalités de liquidation afin d’éviter l’application des règles de l’indivision, particulièrement lourdes et inadaptées à ce type de situation.

Erreurs fréquentes

  • Croire qu’une décision d’assemblée générale est nécessaire pour constater la fin de la copropriété.
  • Continuer une gestion courante du syndicat alors que celui-ci est juridiquement dissous.
  • Négliger la phase de liquidation et laisser subsister des comptes ou contrats ouverts.
  • Oublier de représenter le syndicat pour les contentieux liés à la période antérieure à la dissolution.
  • Ne pas anticiper contractuellement les conséquences d’une réunion de lots, exposant l’immeuble au régime de l’indivision.

A retenir

  • La réunion de tous les lots en un seul propriétaire entraîne la dissolution automatique de la copropriété.
  • Le syndicat des copropriétaires ne subsiste que pour les besoins de sa liquidation.
  • Le syndic est chargé de liquider le syndicat et de le représenter pour les actes nécessaires.
  • En cas de carence du syndic, un mandataire ad hoc peut être désigné par le tribunal.
  • Une anticipation dans le règlement de copropriété permet d’éviter une insécurité juridique post-dissolution.
CoproPratik a été conçu pour transformer des règles complexes en décisions claires et opérationnelles. Chaque fiche vise un objectif simple : vous permettre de comprendre rapidement, d’agir correctement et d’éviter les erreurs qui coûtent du temps, de l’argent ou des contentieux.

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