

La situation énergétique des copropriétés françaises constitue désormais une urgence structurelle. Environ 20 % des copropriétés sont aujourd’hui classées F ou G au diagnostic de performance énergétique, ce qui les place dans la catégorie des logements les plus énergivores. Cette réalité n’est plus théorique : elle produit déjà des effets économiques, juridiques et opérationnels lourds.
Pour les copropriétaires, les conséquences sont immédiates. Les charges de chauffage augmentent fortement sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie et de l’inefficacité des installations existantes. La valeur des biens se dégrade, avec des pertes significatives à la revente pour les logements classés F ou G. À cela s’ajoute un calendrier réglementaire de plus en plus contraignant, qui impose progressivement des travaux de rénovation énergétique sous peine d’interdictions de location.
Pour les syndics, la pression est encore plus forte. Ils doivent gérer des copropriétés inquiètes, des assemblées générales tendues et des décisions portant sur des budgets élevés, souvent mal anticipés. Lorsque les travaux sont décidés dans l’urgence, les devis sont plus chers, les délais s’allongent et les marges de négociation disparaissent.
La clé réside dans l’anticipation. La rénovation énergétique ne peut plus être abordée comme une réaction à une obligation légale imminente, mais comme un projet structurant à inscrire dans une stratégie pluriannuelle. Cela suppose une lecture claire des échéances réglementaires, une hiérarchisation des travaux, et une sécurisation progressive des financements disponibles.
Le syndic qui saura accompagner cette transition en amont, avec méthode et pédagogie, jouera un rôle déterminant dans la préservation du patrimoine collectif. À l’inverse, l’attentisme transforme l’obligation énergétique en crise financière et sociale au sein de la copropriété.

