Convocation d’assemblée générale en main propre : cadre légal, limites et risques

La convocation en main propre est autorisée en copropriété, mais son formalisme strict conditionne la validité de l’assemblée générale.

La convocation de l’assemblée générale constitue l’un des actes les plus sensibles de la gestion de copropriété. Parmi les modes de notification autorisés figure la remise en main propre, souvent perçue comme une solution rapide et économique. Pourtant, mal maîtrisée, elle devient une source majeure de contentieux.

Le décret de 1967 autorise la convocation en main propre à condition qu’elle soit remise directement au copropriétaire, contre récépissé ou émargement signé. La remise vaut notification uniquement si la preuve de réception est formellement établie. Cette preuve incombe intégralement au syndic, qui doit être en mesure de démontrer la date exacte de remise et l’identité du destinataire.

En pratique, toute remise à un tiers, qu’il s’agisse d’un gardien, d’un voisin ou d’un membre du foyer non habilité, prive la convocation de toute valeur juridique. La jurisprudence est constante : une convocation remise à une personne autre que le copropriétaire est irrégulière et peut entraîner l’annulation de l’assemblée.

Il est également essentiel de distinguer la convocation de l’assemblée générale de la notification du procès-verbal. Pour les copropriétaires opposants ou défaillants, la loi impose une notification par lettre recommandée avec accusé de réception. La remise en main propre est ici formellement interdite, quelle que soit la qualité du récépissé.

La convocation en main propre n’est donc pas une facilité administrative. Elle suppose un processus rigoureux, documenté et traçable. Utilisée sans méthode, elle fragilise la sécurité juridique de l’assemblée et expose le syndic à des contestations évitables.

Erreurs fréquentes

  • Remettre la convocation à un gardien, un voisin ou un tiers.
  • Oublier de faire signer ou dater le récépissé de remise.
  • Ne pas conserver les preuves de remise dans le dossier de la copropriété.
  • Utiliser la main propre pour notifier un procès-verbal à un opposant ou défaillant.
  • Considérer la remise en main propre comme une procédure plus simple que la LRAR.

A retenir

  • La convocation en main propre est légalement admise pour l’assemblée générale si le copropriétaire signe un récépissé ou un émargement daté.
  • La preuve de la remise repose exclusivement sur le syndic.
  • La remise doit être effectuée personnellement au copropriétaire, sans intermédiaire.
  • La notification du procès-verbal aux opposants ou défaillants doit obligatoirement être faite par lettre recommandée.
  • L’absence de formalisme transforme la convocation en facteur de nullité.
CoproPratik a été conçu pour transformer des règles complexes en décisions claires et opérationnelles. Chaque fiche vise un objectif simple : vous permettre de comprendre rapidement, d’agir correctement et d’éviter les erreurs qui coûtent du temps, de l’argent ou des contentieux.

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