Scission de copropriété : conditions, procédure et effets pour une gestion plus efficace

La scission permet de diviser une copropriété bloquée en entités autonomes. Une solution juridique puissante, mais strictement encadrée.

Certaines copropriétés deviennent, avec le temps, structurellement ingérables. Des bâtiments aux caractéristiques très différentes, des charges inégalement réparties ou des besoins de travaux incompatibles peuvent conduire à des blocages durables en assemblée générale et à des conflits récurrents entre copropriétaires.

L’article 28 de la loi du 10 juillet 1965 prévoit, dans ces situations, un mécanisme spécifique : la scission de copropriété. Cette procédure permet à un ou plusieurs bâtiments distincts de se détacher du syndicat initial pour former une ou plusieurs copropriétés autonomes, dotées de leur propre règlement, de leur propre budget et de leurs propres instances décisionnelles.

La scission n’est pas une opération automatique. Elle suppose d’abord l’existence de plusieurs bâtiments distincts au sein de la copropriété et la possibilité juridique de diviser le sol ou d’organiser l’ensemble en volumes. Les copropriétaires du ou des bâtiments concernés doivent ensuite voter le principe de la scission. Cette décision est complétée par une approbation en assemblée générale du syndicat initial, selon les règles de majorité applicables.

La mise en œuvre de la scission entraîne une répartition des charges, des dettes et des droits entre l’ancienne copropriété et les nouvelles entités créées. Le règlement de copropriété doit être modifié pour refléter la nouvelle organisation juridique. Lorsque certains équipements demeurent communs, comme une chaufferie ou des voiries, leur gestion est assurée par une union de syndicats.

Pour le syndic, la scission constitue un outil stratégique de sortie de crise. Elle permet de transformer une copropriété durablement bloquée en structures plus homogènes, plus réactives et mieux adaptées aux réalités techniques et financières de chaque bâtiment.

Erreurs fréquentes

  • Engager une scission sans vérifier la possibilité juridique de division du sol ou des volumes.
  • Confondre scission et simple réorganisation budgétaire interne.
  • Négliger la répartition des dettes et des charges existantes.
  • Oublier la mise à jour complète du règlement de copropriété.
  • Sous-estimer la nécessité d’une union de syndicats pour les équipements communs.

A retenir

  • La scission est possible uniquement en présence de plusieurs bâtiments distincts.
  • Elle suppose une division juridique du sol ou une organisation en volumes.
  • Les copropriétaires concernés doivent approuver la scission.
  • L’assemblée générale du syndicat initial valide la réorganisation.
  • Chaque nouvelle copropriété devient juridiquement et financièrement autonome.
CoproPratik a été conçu pour transformer des règles complexes en décisions claires et opérationnelles. Chaque fiche vise un objectif simple : vous permettre de comprendre rapidement, d’agir correctement et d’éviter les erreurs qui coûtent du temps, de l’argent ou des contentieux.

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