

La rénovation énergétique des copropriétés est devenue un enjeu central de la gestion immobilière. Face à l’urgence climatique, à la hausse des charges et aux interdictions progressives de location des logements énergivores, MaPrimeRénov’ constitue aujourd’hui l’un des principaux leviers financiers mobilisables par les syndicats de copropriétaires.
Contrairement à une idée répandue, les travaux éligibles ne se limitent pas à quelques interventions isolées. Ils s’inscrivent dans une logique globale, structurée autour de quatre grandes familles d’actions, permettant d’améliorer durablement la performance énergétique des immeubles.
La première concerne l’isolation. Elle vise à réduire les déperditions thermiques, particulièrement importantes dans les immeubles anciens. L’isolation des toitures et des combles, des murs par l’intérieur ou par l’extérieur, des planchers bas ainsi que le remplacement des fenêtres simple vitrage constituent des postes prioritaires. Ces travaux permettent souvent de traiter jusqu’à un tiers des pertes énergétiques du bâtiment.
La deuxième famille regroupe les équipements de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire. Elle inclut le remplacement des chaudières fonctionnant aux énergies fossiles, l’installation de pompes à chaleur, de systèmes géothermiques ou de chauffe-eau thermodynamiques et solaires. L’objectif est double : réduire la dépendance aux énergies carbonées et maîtriser durablement les charges de chauffage.
La ventilation constitue le troisième pilier. Trop souvent négligée, elle est pourtant essentielle pour garantir la qualité de l’air intérieur, prévenir l’humidité et éviter les pathologies du bâti. La mise en place ou l’amélioration de systèmes de ventilation mécanique contrôlée, simple ou double flux, fait pleinement partie des travaux soutenus.
Enfin, les énergies renouvelables complètent cette approche. L’installation de panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques, ainsi que le raccordement à des réseaux de chaleur renouvelable, permet de produire une énergie collective plus propre et de renforcer l’autonomie énergétique de la copropriété.
Pour le syndic, l’enjeu dépasse la simple connaissance de cette liste. Il s’agit de transformer ces catégories en scénarios cohérents, adaptés à l’âge, à la structure et à l’usage de chaque immeuble, afin de construire des plans pluriannuels de travaux crédibles et finançables.

