Travaux d’amélioration en copropriété : qui décide et qui paie ?

Travaux d’amélioration : règles de vote, répartition des coûts et droits du copropriétaire qui agit seul.

Les travaux d’amélioration en copropriété regroupent toutes les opérations qui ne sont pas imposées par la loi ou par la sécurité de l’immeuble, mais qui apportent un gain de confort, de fonctionnalité ou de valeur. Il peut s’agir, par exemple, de l’installation d’un ascenseur, de la création d’un local poubelles, de la rénovation d’une loge ou de l’amélioration de l’accessibilité.

Lorsque l’initiative est collective, la décision relève de l’assemblée générale. Le principe est un vote à la majorité absolue de l’article 25 de la loi de 1965. Dans certains cas limitativement prévus, notamment pour des travaux liés à l’accessibilité des personnes à mobilité réduite ou à la suppression des vide-ordures, la majorité simple de l’article 24 peut suffire. Toutefois, le vote des travaux ne peut jamais être dissocié de la question financière. L’assemblée doit impérativement voter la clé de répartition des dépenses, laquelle doit être fondée sur les avantages réels retirés par chaque copropriétaire.

Il existe également des situations dans lesquelles un copropriétaire souhaite réaliser seul, à ses frais, un travail d’amélioration affectant les parties communes. Cette initiative reste soumise à l’autorisation de l’assemblée générale. En cas de refus, le copropriétaire peut saisir le juge afin d’obtenir l’autorisation judiciaire, à condition de démontrer que les travaux constituent une amélioration objective, qu’ils respectent la destination de l’immeuble et qu’ils n’aboutissent pas à une appropriation privative d’une partie commune.

Lorsque des travaux d’amélioration sont réalisés sans autorisation préalable, le syndicat des copropriétaires dispose de moyens d’action. Il peut exiger l’arrêt immédiat du chantier ou demander la remise en état des lieux, indépendamment du coût supporté par le copropriétaire fautif.

Pour le syndic, l’enjeu est double : sécuriser juridiquement les décisions collectives et prévenir les initiatives individuelles non encadrées, qui sont souvent à l’origine de contentieux lourds et durables.

Erreurs fréquentes

  • Voter les travaux sans voter simultanément la clé de répartition.
  • Appliquer une répartition uniforme sans analyser les avantages réels.
  • Autoriser tacitement des travaux individuels affectant les parties communes.
  • Confondre amélioration collective et appropriation privative interdite.
  • Sous-estimer le risque contentieux en cas de refus mal motivé ou de travaux non autorisés.

A retenir

  • Les travaux d’amélioration ne sont jamais obligatoires mais toujours encadrés.
  • La décision collective relève en principe de la majorité de l’article 25, avec des exceptions à l’article 24.
  • La répartition des coûts doit être votée et proportionnée aux avantages réels.
  • Un copropriétaire peut agir seul uniquement avec autorisation de l’AG ou du juge.
  • Des travaux réalisés sans autorisation exposent à l’arrêt du chantier ou à la remise en état.
CoproPratik a été conçu pour transformer des règles complexes en décisions claires et opérationnelles. Chaque fiche vise un objectif simple : vous permettre de comprendre rapidement, d’agir correctement et d’éviter les erreurs qui coûtent du temps, de l’argent ou des contentieux.

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