Travaux d’économie d’énergie en copropriété : ce qu’un copropriétaire peut réaliser à ses frais

Un copropriétaire peut financer seul certains travaux d’économie d’énergie, sous conditions strictes et après autorisation de l’AG.

Depuis avril 2024, le cadre juridique de la copropriété permet à un copropriétaire de réaliser, à ses frais, certains travaux d’économie d’énergie, y compris lorsqu’ils affectent des parties communes. Cette évolution vise à lever les blocages collectifs et à accélérer la rénovation énergétique des immeubles.

Sont principalement concernés les travaux d’isolation thermique, notamment l’isolation de la toiture ou d’un plancher, dès lors qu’ils améliorent la performance énergétique globale de l’immeuble. Cette faculté n’instaure toutefois pas une liberté absolue : elle reste strictement encadrée afin de préserver l’intérêt collectif.

Les travaux envisagés ne doivent ni fragiliser la structure de l’immeuble, ni compromettre la sécurité, ni porter atteinte aux équipements communs ou aux droits des autres copropriétaires. Ils ne doivent pas non plus entrer en contradiction avec un plan pluriannuel de travaux déjà adopté, auquel cas la logique collective prime.

La procédure impose une information préalable du syndic, accompagnée d’un descriptif précis des travaux projetés. L’assemblée générale est ensuite appelée à se prononcer. L’autorisation relève de la majorité de l’article 25, avec possibilité de recourir à la passerelle de l’article 24 en cas d’échec au premier vote.

En cas d’accord, le copropriétaire devient maître d’ouvrage de l’opération. Il assume seul la responsabilité juridique, technique et financière des travaux jusqu’à leur réception. La copropriété ne supporte aucun coût, mais bénéficie indirectement de l’amélioration énergétique réalisée.

Pour le syndic, cette faculté implique un rôle accru de cadrage, de pédagogie et de cohérence avec la stratégie globale de l’immeuble, notamment au regard du PPT et des futures obligations énergétiques.

Erreurs fréquentes

  • Autoriser des travaux sans analyse de leur impact structurel ou sécuritaire.
  • Omettre de vérifier la compatibilité avec un PPT déjà adopté.
  • Valider un projet sans descriptif technique suffisamment précis.
  • Confondre initiative individuelle et travaux d’intérêt collectif.
  • Laisser le copropriétaire agir sans encadrement clair de sa responsabilité.

A retenir

  • Un copropriétaire peut financer seul certains travaux d’économie d’énergie, même sur parties communes.
  • Les travaux doivent améliorer la performance énergétique sans porter atteinte à la structure, à la sécurité ou aux droits des autres.
  • Une notification préalable au syndic et une autorisation en AG sont obligatoires.
  • Le vote relève de la majorité de l’article 25, avec passerelle possible vers l’article 24.
  • Le copropriétaire devient maître d’ouvrage et assume l’entière responsabilité des travaux.
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