Copropriété à deux : règles spécifiques, décisions et gestion des conflits

La copropriété à deux obéit à des règles spécifiques pour éviter les blocages, sécuriser les décisions et encadrer les conflits.

La copropriété à deux, fréquente dans les maisons divisées ou les petits immeubles, présente des spécificités juridiques importantes. Depuis les réformes intervenues à partir de 2019, le législateur a cherché à limiter les situations de blocage qui paralysaient historiquement ce type de copropriété.

Lorsqu’un copropriétaire détient la majorité des voix, il peut prendre seul certaines décisions relevant de la gestion courante, notamment la désignation du syndic ou les décisions simples. Pour des décisions plus engageantes, le seuil des deux tiers des voix permet d’élargir son pouvoir d’action. Toutefois, même dans ces cas, aucune décision ne peut rester informelle : elle doit être consignée, formalisée et portée à la connaissance de l’autre copropriétaire.

En cas de conflit ou de blocage persistant, le tribunal judiciaire peut intervenir. Il peut autoriser l’un des copropriétaires à agir seul dans l’intérêt commun, notamment pour la réalisation de travaux urgents ou la sauvegarde de l’immeuble. Ce mécanisme vise à éviter qu’un désaccord personnel n’entraîne une dégradation du bâti ou une inertie dangereuse.

Sur le plan comptable, la copropriété à deux ne bénéficie d’aucune tolérance particulière. Chaque dépense doit être tracée, justifiée et intégrée dans un état des dépenses accessible à l’autre copropriétaire. La transparence est ici un impératif absolu, car la moindre opacité alimente immédiatement la défiance.

En pratique, la copropriété à deux peut sembler simple, mais elle est juridiquement fragile. L’absence de règles claires, de décisions formalisées ou de comptes rigoureux transforme rapidement cette configuration en source de contentieux.

Erreurs fréquentes

  • Considérer la copropriété à deux comme une quasi-indivision sans formalisme.
  • Prendre des décisions orales ou non consignées par écrit.
  • Négliger l’information de l’autre copropriétaire après une décision prise à la majorité.
  • Confondre urgence réelle et simple désaccord personnel pour justifier une action unilatérale.
  • Tenir une comptabilité approximative sous prétexte de faible volume de charges.

A retenir

  • La majorité des voix permet au copropriétaire majoritaire de décider seul sur certains actes de gestion.
  • Les décisions plus engageantes exigent un seuil renforcé, souvent fixé aux deux tiers des voix.
  • Toute décision doit être formalisée et communiquée à l’autre copropriétaire.
  • Le juge peut autoriser une action unilatérale en cas de blocage portant atteinte à l’intérêt commun.
  • La transparence comptable est obligatoire, sans exception liée à la taille de la copropriété.
CoproPratik a été conçu pour transformer des règles complexes en décisions claires et opérationnelles. Chaque fiche vise un objectif simple : vous permettre de comprendre rapidement, d’agir correctement et d’éviter les erreurs qui coûtent du temps, de l’argent ou des contentieux.

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